"Si bien que cette peinture s'élève à la condition d'un humanisme sauvage, un humanisme dérangeant, corrosif, ardent, franc, un humanisme qui me paraît noble et digne, lavé de tout sirop, de toute glu. C'est à dire que ce séisme, selon moi, atteint à la condition d'un bienfait pictural et intellectuel. Cet Art profane parvient au sacré, il parvient à dégager cette braise dans l'être, ce brandon menacé, mis en péril mais indispensable à l'existence de l'espèce. Hors de cette braise, point de salut... En m'avançant dans l'univers de Peccolo, je songeais à Goya, à la compassion bouleversante qui règne sur l'oeuvre de Käthe Kollwitz, à la chanson des gueux de Richepin, à la mère et l'enfant de Charles-Louis Philippe, au Petit Saint de Simenon. Mais je songeais aussi à Beckett, à la Marche nuptiale de Brassens. J'étais entraîné à penser, à m'ouvrir à l'émotion.

Denys-Louis Colaux
"Un humanisme frontal"



"René Peccolo s'acharne à dérouler la danse de la vie. Les terres et les ocres sont ses outils sobres et sombres pour évoquer les bonheurs fugaces et les peines inconsolables. Proche de Boris Zaborov et Käthe Kollwitz qui sans cesse le nourrit, il nous donne à voir des femmes et des hommes démunis qui luttent  avec dignité pour  leur survie et qu'un clair-obscur raffiné met dans la lumière vive de la compassion. Tout est noir et blanc et une lumière intense, intime, intérieure conduit le regard jusqu'au coeur de l'humain."

Daniel Hachard



La déréliction est le lot commun sur la terre où l'homme est un loup pour l'homme
chacun est seul et seul
et on a tous le nez sur notre assiette 
voilà la vie
insomnie ah encore plus seul
la nuit se rue sur moi
les manques tournent dans ma tête
mais le nez plongé dedans
lui par les deux mains étreint
ô le gros oreiller ouvre l'espace
le clair obscur met en pleine lumière toute la misère du monde
se déroule la tragédie des déshérités en d'autres termes la lutte des classes
exilés du monde
exilés de leur tête
la fatigue est sur mes épaules comme une roche comme un oiseau de proie
et votre corps souvent déformé
ah lourde valise du départ
enfant dévasté
que faire de l'altérité
que faire avec l'altérité
le noir est la nudité
quand tous les masques sont tombés
sévère beauté exigeante
mais cette austérité a ses fastes
la dominante sombre noirs bruns bistres fait que quand la lumière décroit le tableau
     s'engloutit dans la ténèbre et puis quand la lumière décroit le tableau
     d'ocres se mariant au matiérisme délicat fait naître l'apaisement de la complétude
vous ceux d'en bas vous qui subissez la double peine condition humaine et
     condition prolétarienne pouvez-vous ô pouvez-vous puiser dans votre manque un 
     accomplissemment plus plein que la richesse de ceux d'en haut
accablement
la main si vaste
sur
le visage
souvent vous vous groupez pour mieux tenir
pauvres bougres vous errez dans l'ombre
choeur contre la misère
votre dignité sature l'espace
bloc contre les adversités
la bonté roc et aube
rien ne vaut la consolation de la peau
et toi désamour prends tes cliques et tes claques
"ah le réel cogne dur
mais
qui accepte sa fragilité et sa finitude et la finitude de la matière celui-là oui il renaît puisque
sa vie devient réelle intense conquérante
le jour ne prend appui que sur la nuit
ainsi René Peccolo nous fait présent de la vraie peinture
contemplation et méditation"

Daniel Hachard
Extrait de "René Peccolo : un réaliste désirant"


"René Peccolo crée un univers hors du temps, tendu entre la réalité et l'imaginaire, entre l'errance et la mémoire, entre la gravité et l'amour, entre l'être et l'apparence."

Liliane Carle
"galerie Les Nabis"




"La peinture de René Peccolo fait rejaillir les drames humains et rappelle à celui qui la regarde que même les existences les plus ordinaires peuvent valoir quelque chose."

Misuzu Takemoto
"Caelum Gallery"



"Pour certains artistes, ce qu'on ne peut cacher, il faudrait peut-être vouloir le montrer. Ce sont ceux qui se nourrissent de notre capacité de dénégation et qui soumettent à notre regard nos angoisses et notre lacheté. Ce sont ceux qui ont décidé de ne pas nous épargner en nous révélant à nous-mêmes.
Leurs oeuvres nous font alors habiter un bref instant hors du monde alors qu'elles nous jettent paradoxalement en son coeur. Ce monde, celui des émotions, c'est à dire le seul véritable monde, c'est celui qui a construit, engendré René Peccolo. C'est le monde du repli réprouvé de l'être sur lui-même et sur le silence.
A travers ses dessins et ses peintures, René Peccolo transcende les douleurs, les regrets et les manques que la vie a pu disséminer sur son passage. Et cette dernière n'ayant que peu fait preuves d'avarice en la matière - jusqu'à le marquer dans sa chair - ses compositions sont un véritable chant désespéré qui cherche parmi les ombres le tendre apaisement du désarroi et de la déréliction.
La lumière qui parvient à se frayer un chemin jusqu'aux tableaux de René Peccolo pourra sembler timidement vouloir dévoiler l'indicible. Mais elle pourra aussi vouloir sembler fuir les vulnérables insignifiances et quitter les visages et les corps pour les exclure - les exclure du vacarme extérieur afin de les abandonner à leur propre tumulte.
Cette lumière, parfois indiscrète, souvent pudique, pourra devenir alors l'instrument des affres dans lesquelles nous plonge la réalité, venant mettre à nu, pour mieux la frapper, la fragilité chancelante des êtres.
"Chaque homme est seul et tous se fichent de tous et nos douleurs sont une île déserte. ce n'est pas une raison pour ne pas  se consoler, ce soir, dans les bruits finissants de la rue". écrivait Cohen. Les bruits, parfois sombres et assourdissants, de l'oeuvre de René Peccolo sont une consolation offerte à notre déraisonnable émotion.

Pascal Alyane
"l'Expressionnisme Contemporain - 200 oeuvres de chair et de sang"



L'univers de René Peccolo est sombre et lumineux.
Un peu comme ces nuits où la lune, pleine, essaime sa lumière fine sur le champ de la terre endormie.

Solitaire, il peuple son quotidien d'hommes et de femmes simples et attachants, perdus dans des siennes et des ocres, sous des craquelures étudiées avec amour.
De cet amour qui transparait au travers de ces personnages à la beauté singulière et ordinaire, à la beauté amoureuse, toute nue ou légèrement vêtue.

Hommes et femmes
Des corps et bien plus.
Adoration et mystère...

Ils sont là, exposés sans retouche et sans fard,
devant nos yeux poussiéreux.

Que sont-ils ces corps, ces coeurs ?
Que sont-elles ces courbes, ces lignes ?
Sous nos manteaux, sous nos habits, torturés
par la vie, usés par le travail.
Ils sont ce que nous sommes...

Ces corps, ces homme, ces femme sont figés dans leur quotidien : "le baiser", "la crainte", "l'adieu", "le mangeur de spaghettis" et  "pas un seul n'est venu".
Ils sont ce que nous sommes...

René Peccolo est né à Montgiscard prés de Toulouse. Son père, immigré italien, est ouvrier agricole. Sa mère reste à la maison et entretien le souvenir du
pays dans les gestes et les odeurs de cuisine. Elle règne.

La Madre è la Regina

La peinture de René Peccolo est italienne. Elle sent la terre et le soleil.
L'ombre s'y installe comme quand les volets sont fermés, le jour, pour garder la fraîcheur, laissant glisser de temps en temps un rai de lumière, des souvenirs
d'enfant.

Mystique, hermétique, René Peccolo peint ce qu'il est au fond de lui-même :
Sombre et clair,
Ombre et lumière



Alphonse Salafia
extrait de "René Peccolo, ombre et lumière"









"Des mains émues, complices,
viennent confirmer l'expression des visages: 
auréolées de délicatesse
leur gestuelle confisque le temps,
comme pour sceller un cri:
celui de l'attente d'une lumière nouvelle.
...Oser regarder sa vie
sans déni,
Pour en proposer l'histoire
avec déceptions et victoires..."

Raphaêl Estephe
"René Peccolo, artiste peintre"

René Peccolo marche seul dans la nuit froide du Nord qui l'a acceuilli.
Son accent chantant le trahit pourtant:
il vient d'ailleur !

René Peccolo aime associer les contraires, sa peinture aussi.
Sa palette est sobre, dépouillée même.
Il se promène au coeur de l'humain dans sa splendeur passée et déjà sa déchéance.
Apparaissent des scènes presque surranées. La vie telle qu'elle est qui le transforme, le désarticule et 
l'emmène dans les tréfonds.
A la fin il restera la lumière, ce point qui l'amène encore une respiration, un dernier
souffle.

(J.L. Curabet)
Sept.2020


Pratiquant une peinture austère, qui n'est pas sans rappeler le tragique hispanique d'un Goya,
Peccolo peint l'humanité aux prises avec une certaine âpreté de la vie et du destin. Ses huiles laissent 
ici et là apparaître le grain  de la toile. Il donne à ses visages une dimension expressionniste campant 
ses ANTI-HEROS dans des situations assez originales (mangeur de pâtes, personnage sous un parapluie). 
Il se situe parfois aux limites du réalisme, n'hésitant pas à accentuer certains traits, au seuil de la 
caricature. c'est dans ses travaux sur papier que l'artiste, apparemment pêtri de ressources, démontre pleinement
sa force et son état d'esprit, livrant souvent des pièces d'une grande ampleur émotionnelle.
Loin des portraits de complaisance et de la peinture alimentaire, ses tableaux éclairent le combat intérieur auquel
chacun peut être livrés.

Galerie Reg'Art. Confrontation.



" Femmes qui êtes laides
Un peintre vous a vues belles
Dans les ravages d'un baroque sombre qui a de l'âge
Où vêtues ou dévêtues
Vous fêtez un vécu
En créatures de Satan
Compagnons d'un mendiant
Avec qui vous implorez Dieu
Dans l'univers trop hideux
Où René Peccolo vous loue
En peinture il a l'énergie et la lumière du noir
Ce qui lui permet de vous voir "

Bruno Morello
5 février 2020



" Silence des yeux.
Au cours de ce voyage à multiples souffles où les vagues de lumière et d'ombre
S'entremêlent, s'entrechoquent...
Ajustement du regard.
Pour qu'il flotte à travers la présence de ces visages
En flairer la senteur et en suivre le contour comme un chemin inépuisé
Rester là dans l'écoulement du temps car quelque chose enveloppe l'oeil.
Seule la partition des émotions lâchera quelques mots pour tenter de dire. "

Christine Wahl
"Espace Corps en Poésie"
23 septembre2021




... Oui, par certains traits, par certains éléments opaques, par quelques parentés thématiques, par quelques physionomies, par une même humanité bouleversante 
et bouleversée, Peccolo se revendique de Frau Kollwitz. Cette revendication s'impose comme une force et le travail de Peccolo établit, pièce aprés pièce, - dans le
dessin ou la peinture -, la remarquable originalité, la puissance expressive de son art. Heureux l'artiste qui s'est choisi un tel phare, heureux l'artiste ainsi éclairé qui
a inventé son propre vaisseau de sa navigation.
Mais il y a plus, dans cette oeuvre étourdissante, plus dense, plus intense, plus subjuguant. Il y a, par des moyens chromatiques, picturaux, par le trait, cet art de
rejoindre  ces êtres engoncés dans le sable mouvant des ombres, dans la face cachée de leurs destinées pénibles, harassantes. Il y a cette descente hallucinante dans
l'enfer privé de l'autre. Dans ce affres ses effrois. Dans sa monstruosité intime. Mais aussi, par des moyens similaires, durs, soutenus, époustouflants, il y a un accès à 
l'autre dans sa volupté, dans ses affections, dans son amour maternel, dans ses amitiés. Un accès direct, brutal, violent, à l'écart des embellisements, du kitsch, des
violons. Il y a quelque chose qui gueule là-dedans, qui chante puissamment, qui éveille le regardeur, qui l'électrise, qui arrache ses clôtures et abat ses garde-fous.
Ce sont des icônes écossées, débarrassés de tout enduit, de tout paravent. Voilà, semble nous dire le peintre, l'être tel qu'il vit dans sa crypte. Ici, c'est la splendeur
et la misère de l'être, l'une toute proche de l'autre, toutes deux pareillement fragiles, frêles, crues aussi, l'une et l'autre comme intensifiées dans leur rapprochement
Si bien que cette peinture s'élève à la condition d'un humanisme sauvage, un humanisme dérangeant, corrosif, ardent franc, un humanisme qui me paraît noble et
digne, lavé de tout sirop, de toute glu. C'est-à-dire que ce séisme, selon moi, atteint à la condition d'un bienfait pictural et intellectuel. Cet art profane parvient au
sacré, il parvient à dégager cette braise dans l'être, ce brandon menacé, mis en péril mais indispensable à l'existence de l'espèce. Hors de cette braise, point de salut.

Denys-Louis Colaux
"extrait de Chercheur d'Artistes"



Je l'ai croisée par hasard.

Elle est là dans une allée comme si elle attendait quelque chose ou quelqu'un.
Malgré ma timidité, je l'approche, l'observe, puis pudiquement je m'éloigne pensant que ce
"quelqu'un' n'est sans douté pas moi. J'avoue pour une fois je me suis retourné.

Plusieurs fois en fait.

Toute la journée, j'ai pensé à elle, elle m'obsédait et me possédait. Cette atmosphère qu'elle 
dégage comme si la beauté était contagieuse, comme si elle me demandait de m'ouvrir,
de me laisser aller  et comporter dans son univers dont elle m'ouvrait la porte.

Alors que rien ne m'y obligeait, j'ai fait des détours pour repasser devant elle, jeter un
coup d'oeil discret, furtif ou appuyé, presque pudique et certainement humble. Le soir, elle
était toujours dans mon souvenir. Elle refusait de jaunir, de s'estomper, de s'effacer. Je
pense qu'elle m'a marquée. Au fer rouge.

Le lendemain, j'ai poussé la porte. Je lui ai tendu la main, elle s'est emparée de la mienne,
puis m'a pris le bras et le reste à suivi. Facilement. Je pensais qu'il s'agissait d'une passion
avec la robe éphémère des coups de coeur mais je me suis trompé.

C'est un amour. Un amour véritable. Un bel amour.

je me suuis pas épris simplement d'un tableau de René Peccolo, je me suis fait capturer par son
oeuvre entière. Rentré dans l'univers  de ce poète des pinceaux, c'est une déchirure de l'âme.
J'aimerais le garder jalousement pour moi comme un jardin secret qui m'enivre de beau et
joue avec mes sens mais je souhaite en même temps faire l'offrande au monde entier
d'une peinture d'une force rare.

Hasni Jeridi



La première visite était comme quitter un ciel bleu ensoleillé pour entrer dans une pièce obscure. Au mur, étaient accrochés des tableaux qui me firent penser
 à des cartes postales sépia, un peu jaunies d'un anciens temps. Petit à petit j'ai vu des visages asymétriques, des personnages un peu fantomatiques qui se
demandaient ce qu'ls faisaient dans ce monde de mortelle.
J'ai vu l'homme face à lui-même, face à son ombre, face à ses faiblesses, face à son imperfection, face à sa mort.
Mes yeux s'habituant à l'obscurité, au fil des tableaux, j'ai commencé à apercevoir une lueur d'espoir et de l'innocence à travers cette mère et son enfant
dans le lit, cette jeune fille qui se repose et d'autres visages souriants.

Et là tout s'éclaire comme un voile qui se déchire... Toute son oeuvre devient lumineuse. Le rejet fait place à l'acceptation, l'imperfection devient beauté. J'ai
réussi à voir au-delà de l'ombre. Avec son pinceau aucune illusion ne le résiste, il fait tomber les masques pour peindre l'âme humaine dans toute sa dualité.

Je ne m'attendais pas à cela...

Merci pour ce magnifique et troublant voyage alchimique à l'intérieur de notre psyché, de notre obscurité... et à nous de le transmuter.

Sabine Hoareau



J'aime l'oeuvre de ce vendangeur des apocalyses quotidiennes, des exodes domestiques.
L'oeuvre parle, avec une ferveur rare, d'une condition humaine à laquelle la peinture n'est généralement pas attentive.
L'oeuvre n'est en rien un rejet, c'est l'affirmation catégorique d'une beauté étrange menacée par le sinistre, minée
par des imminences morbides, cernée de périls.

Denys-Louis Colaux


LA PEINTURE (A RENE PECCOLO)

La peinture à l'huile
C'est bien difficile
Mais c'est bien plus beau
Que la peinture à l'eau

Je peins de ma main maladroite
Les blessures les stigmates
De mes contemporains
Je peins des visages des postures
Mais rar'ment la nature
J'préfère faire dans l'humain
J'ai l'tour de main
Lorsque je peins sortant de l'ombre
Mes figures sombres
Des épaves ou un corps
Qui souffre ou qui se tord

Refrain

J'épingle
Avec mon oeil clinique
Des femmes faméliques
Des figures malingres
J'épingle des papillons blessés
Aux ailes fracassées
De mon pinceau qui single
Quelle habil'té j'suis habité
Par des fantômes depuis qu'j'suis môme
Qui me poursuivent et me torturent
Qui hantent ma peinture
J'installe sur les murs des cimaises
Brûlantes comme la braise
Mes douloureuses toiles
J'installe dans des gal'ries de riches
Mes pauvres qui s'affichent
Se vende pas trop mal
J'suis côté en société
Marginal et maudit
Mais jamais je mendies

Refrain

Je peins de ma main plus agile
Mes peintures sont à l'huile
Patinées avec soin
Je peins des peintures qu'ont dit dures
Mais de bonne fracture
Quelque fois je m'en plains

La peinture à l'huile c'est bien difficile
J'admire les tableaux de René Peccolo

SEPTEMBRE 2015 N.DAQUIN